Asthme professionnel
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(mise à jour :15/12/08)

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SENTASM 
Surveillance épidémiologique de l’asthme en milieu professionnel

Réseau pilote en Midi-Pyrénées
stephanie.riviere@cict.fr

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A
Sommaire
Quelques chiffres…
ETUDE PILOTE SENTASM 2007-2008
Pourquoi mettre en place un tel système ?
Objectifs de l’étude pilote
Liens utiles Premiers résultats
Mode de recueil des données
  Pour en savoir plus ...

Quelques chiffres...  

Données épidémiologiques
L’asthme professionnel est défini comme une obstruction des voies aériennes variable au cours du temps et/ou une hyperactivité bronchique non spécifique causées par l’environnement professionnel. Elle est l’une des maladies professionnelles les plus fréquentes dans les pays développés et a été étudiée dans de nombreux pays ayant mis en place un système de surveillance des asthmes professionnels. En Finlande, Karjalainen qui utilise des données du registre finlandais des maladies professionnelles estime l’incidence à 17,4/100000 pour les sujets adultes âgés de 20 à 64 ans pour la période 1989-1995. En Suède, Torén estime l’incidence de l’asthme professionnel à 80 cas/million en 1990-92 à partir du registre suédois des maladies professionnelles déclarées (SRROD). En Grande Bretagne, dans le projet SWORD (Surveillance of Work related and Occupational Respiratory Disease) qui repose sur un réseau de médecins du travail et de pneumologues, McDonald estime l’incidence de l’asthme professionnel à 44 cas/million chez les hommes et 24 cas/millions chez les femmes. En Italie, l’incidence est estimée à 24/million pour les deux sexes dans le programme de surveillance PRIOR.
En France, les données disponibles jusqu’à présent proviennent essentiellement des statistiques des maladies professionnelles de la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés et de l’Observatoire National des Asthmes Professionnels créé en 1996. Du fait du volontariat des participants, de l’absence de certaines catégories professionnelles non suivies par la médecine du travail, il est difficile d’avoir une estimation exacte du nombre d’asthmes professionnels avec les données de l’ONAP. Cependant, bien que les données soient parcellaires, cet observatoire a permis de recueillir plus de 3000 cas incidents d’asthme professionnel entre 1996 et 2001.

Les facteurs professionnels                                               ht
La maladie asthmatique peut relever de causes multifactorielles mais les expositions professionnelles sont jugées responsables dans environ 10 % à 15 % des cas d’asthme. L’importance des facteurs professionnels est variable selon les pays ; en Norvège, les fonderies d’aluminium sont plus souvent mises en cause, tandis qu’en Allemagne ou en Suède, les boulangers sont plus nombreux à développer un asthme professionnel. Selon les données de l’ONAP, en France, six métiers sont à l’origine de plus de la moitié des asthmes professionnels : boulanger/pâtissier, métiers de la santé, peintres, travailleurs du bois, personnels de nettoyage, et coiffeurs.
Les mécanismes à l’origine de l’asthme sont complexes et parfois intriqués : mécanisme immunologique notamment IgE-dépendant observé souvent avec des protéines de haut poids moléculaire ; mécanisme irritatif lors d’une inhalation de gaz irritatif ou d’aérosols à concentration élevée. Environ 250 agents différents peuvent causer de l’asthme professionnel. Au rang des agents de haut poids moléculaire, on compte les céréales, les antigènes d’animaux, les enzymes, le latex… Les agents de faible poids moléculaires sont plutôt représentés par des produits chimiques tels que les isocyanates, les colorants, les médicaments, le formaldéhyde, les amines…

Liens utiles                                                                          ht  

Asthme et pathologie allergique : http://www.remcomp.fr/asmanet/ (A noter : le site donne également accès à Asmapro)

Surveillance épidémiologique de l’asthme en France : http://www.invs.sante.fr/surveillance/asthme/origine_professionnelle.htm*

Asthme et asthme professionnel : site du ministère de la santé www.sante.gouv.fr (choisir asthme dans les thèmes)

Asthme professionnel :
Asmapro (géré par asmanet.com) : site consacré à l'asthme professionnel. Propose un index des métiers et des substances concernés, ainsi que les 8 fiches élaborées conjointement par la Splf et la Société française de médecine du travail à l'intention des médecins généralistes
http://www.remcomp.fr/asmanet/asmapro/index.htm

Site de l’Institut National de la Recherche et de la Sécurité : www.inrs.fr  (taper asthme dans la case prévue pour une recherche simple sur le bandeau en haut de la page d’accueil)

Site de la commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) Québéquoise : www.asthme.csst.qc.ca/info_gen/index.html

Page synthétique sur l’asthme professionnel : http://www.uvp5.univ-paris5.fr/UV_MED/AC/Amenu.asp?NSuj=32


SENTASM : ETUDE PILOTE 2007-2008                              ht  
Cette étude s’adresse à tous les médecins du travail de Midi-Pyrénées, quelque soit le secteur d’activité dans lequel ils interviennent.

Pourquoi mettre en place ce système de surveillance ?
Si certains programmes ont permis de mettre en évidence l’importance de certains facteurs professionnels dans l’apparition des asthmes de l’adulte, il n’existe pas à l’heure actuelle de système permettant de recueillir de manière représentative les cas d’asthmes dans la population des travailleurs salariés. Pourtant, l’asthme est l’une des maladies professionnelles les plus fréquentes dans les pays développés. Un tel système pourrait permettre de quantifier le poids des facteurs professionnels, de repérer les secteurs d’activité et les professions les plus concernés et de suivre l’évolution de la prévalence de ces pathologies respiratoires. Il pourrait également permettre d’évaluer l’impact des politiques de prévention.

Quels sont ses objectifs ?
Une étude pilote dans les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées est mise en place avec un réseau de médecins du travail volontaires afin de pouvoir :
   -
estimer la prévalence de l’asthme par secteur d’activité et profession,
   -
étudier la faisabilité de la mise en place d’un réseau sentinelle de médecins du travail
   -
étudier la possibilité de recueillir au sein d’une population de travailleurs salariés, les informations socio-démographiques, médicales et professionnelles nécessaires à cette surveillance.
L’étude pilote permettra d’évaluer la faisabilité de la  mise en place d’un système pérenne de surveillance épidémiologique de l’asthme par un réseau sentinelle de médecins du travail volontaires et de mettre au point la méthode la plus efficiente en vue d’une extension à d’autres régions.

Résultats
Sur les 380 médecins du travail recensés en Midi-Pyrénées par l’Inspection Médicale du travail, plus de 60 se sont portés volontaires pour participer à la phase pilote en Midi-Pyrénées. Sur un an, 56 médecins ont participé à l’étude dans sa totalité, soit 15% des médecins de la région.

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L’échantillon de salarié était constitué à 58% d’hommes. L’âge moyen des salariés était de 40 ans. Les principaux secteurs retrouvés étaient l’industrie (20%), les services aux entreprises (18%), l’éducation / santé / action sociale et l’administration et le commerce (16%). La catégorie socioprofessionnelle la plus représentée était celle des ouvriers (32%) qui étaient surreprésentée par rapport à la région puis celle des employés (28%) sous-représentée quant à elle.
Les prévalences de l’asthme sont tout à fait en cohérence avec la littérature (graphiques 3 et 4). La prévalence de l’asthme actuel (défini par une crise d’asthme dans les douze derniers mois et / ou la prise d’un traitement contre l’asthme au moment de l’enquête) est estimée à 5% [4,0% – 5,9%]. La prévalence de l’asthme cumulé (avoir déjà eu une crise d’asthme au cours de la vie) était de 9,8% [8,2% - 11,1%].

g2

Les premières analyses en lien avec les caractéristiques professionnelles tendent à montrer que globalement l’absentéisme lié à l’asthme est faible (moins de 3% des salariés asthmatiques sur les trois derniers mois pour une durée entre 5 et 10 jours) et que la prévalence de l’asthme a tendance à être plus élevée chez les ouvriers non qualifiés que dans les autres catégories professionnelles (graphique 5). Les résultats selon le secteur d’activité ne mettent pas en évidence de secteur où la prévalence est plus élevée.

g3

Les tendances observées dans ces premiers résultats restent à confirmer lors des analyses finales sur l’ensemble des salariés inclus.

Retour d’expérience des participants
Les médecins participants ont été sollicités pour faire connaitre d’éventuelles difficultés et les avantages/satisfaction rencontrés dans cette phase pilote. Les réponses seront utilisées pour adapter le système lors de son extension. Un total de 46 médecins, soit 82% des médecins ayant participé à l’étude dans son intégralité nous ont fait part de leurs commentaires. Le thème de l’étude et son intérêt dans la pratique, les contacts réguliers avec les coordonnateurs, le retour rapide des résultats et la valorisation future dans le cadre de l’EPP ont été décrits comme des avantages. Pour plus des deux tiers d’entre eux, les questionnaires utilisés se caractérisaient par une durée de remplissage satisfaisante. Plus de la moitié des répondants nous ont fait part de difficultés dans l’utilisation du piko-6 et n’ont pas été convaincus de son intérêt dans la pratique. Pour 39% des répondants, la durée du recueil sur un an a été jugé trop longue, et pour 37% d’entre eux les modalités du tirage au sort étaient trop contraignantes. L’ensemble des ces éléments sera pris en compte dans la réflexion sur les modalités de mise en place d’un système pérenne.

Perspectives : l’année 2009 sera consacrée à l’analyse finale de l’étude pilote. Au vu de ces résultats, une réflexion sera menée sur les modalités de mise en place d’un système pérenne de surveillance.

Rappel sur le mode de recueil des données                                              ht  
L’étude a débuté le 1er octobre 2007 pour une durée d’un an. L’inclusion des salariés s’est faite sur 40 semaines pendant une année à raison de deux salariés par semaine par médecin (correspondant à l’inclusion de 3600 salariés si au moins 50 médecins étaient volontaires). Chaque médecin du travail participant a choisi, dans une liste de plusieurs tableaux de planning de tirage au sort, le planning qui lui correspondait en fonction du nombre de demi-journées hebdomadaires (vacations) qu’il consacrait aux visites médicales.

Les données recueillies sont anonymisées (autorisation de la Commission Nationale pour l’Informatique et les Libertés n°907131) : ni la personne enquêtée, ni son entreprise ne peuvent donc être identifiées par ceux qui analysent les résultats. Une note d’information est remise aux salariés qui participent à l’étude et une affiche d’information est présentée dans la salle d’attente des services de santé au travail participant.
Chaque médecin du travail volontaire interroge 2 salariés par semaine durant une année dans le cadre de la visite médicale périodique du travail. Chaque salarié tiré au sort répond seul à un auto-questionnaire portant sur sa santé respiratoire et à un questionnaire sur ses caractéristiques professionnelles qui lui est posé par le médecin ou son assistant. Si l’auto-questionnaire révèle que le salarié est susceptible d’être atteint d’asthme, le médecin remplit un questionnaire médical avec le salarié lors de la visite (une mesure du souffle est réalisée à l’aide d’un Piko-6 fourni) et complète le volet expertise médicale. Le schéma ci-dessous, illustre le mode de recueil des données dans l’étude pilote en Aquitaine et Midi-Pyrénées :

Schéma : Mode de recueil des données de l’étude pilote

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Chaque médecin du travail volontaire devra interroger 2 salariés par semaine durant une année dans le cadre de la visite médicale périodique du travail.

 

Chaque salarié tiré au sort devra répondre seul à un auto-questionnaire portant sur sa santé respiratoire et à un questionnaire sur ses caractéristiques professionnelles qui lui sera posé par le médecin ou son assistant.

 

Si l’auto-questionnaire révèle que le salarié est susceptible d’être atteint d’asthme, le médecin remplira un questionnaire médical avec le salarié lors de la visite (une mesure du souffle sera réalisée à l’aide d’un Piko-6 fourni) et complétera le volet expertise médicale.

A noter que les questionnaires proposés sont très brefs.

Les médecins participants ont suivi une formation d’une demi-journée, composée de 3 ateliers (questionnaires, tirage au sort, fonction respiratoire) avant le début du recueil.

Pour en savoir plus                            ht

Depuis le lancement de l’étude, un bulletin d’information est adressé aux médecins participants tous les un à deux mois. Il présente des informations sur le suivi des inclusions au fil des semaines, sur les caractéristiques des salariés inclus, des actualités sur la thématique « Asthme et Travail » et des liens Internet en lien avec le sujet. Les 9 premiers numéros sont en ligne sur le site de l’Institut de Veille Sanitaire dans le dossier surveillance de l’asthme professionnel : http://www.invs.sante.fr/surveillance/asthme/origine_professionnelle.htm#SentASM. Pour y avoir accès, contacter S. Rivière qui vous communiquera le mot de passe.

Si vous souhaitez des informations complémentaires, vous pouvez contacter :

Stéphanie Rivière, Département Santé Travail, Institut de Veille Sanitaire
Faculté de médecine - Purpan, 37 allées Jules Guesdes, 31073 Toulouse cedex
stephanie.riviere@cict.fr

Tel : 05 62 17 73 29